Et si vous utilisiez (mieux) les réseaux sociaux pour améliorer votre relation candidat ?

Pour les entreprises, “réseaux sociaux” rime souvent avec une palanquée de choses : canal de communication, service client, diffusion des offres de recrutement, gestion d’une communauté… la liste est longue. Cependant, peu investissent du temps dans l’usage de ces plateformes pour créer du lien, développer une expérience de recrutement hors normes grâce à la relation candidat.
Pourtant, c’est l’endroit parfait pour.

Aujourd’hui, à l’heure où Zoom et Meet ont remplacé la machine à café, les interactions entre collaborateurs – lorsqu’elles transitent par le web – sont toujours perçues avec cette pointe de négativité technophobe. Une illégitimité venant renforcer l’image d’un humain indissociable de sa “vraie vie de tous les jours” : une existence à la gloire des terrasses de café, des trottoirs et des crottes de chiens, et des kilomètres avalés dans les couloirs du métro.

Quand on y pense, rendre les échanges à distance entre les hommes et les femmes plus humains peut sembler comme un paradoxe : même séparés par un écran, un bout de plexiglass ou un ou deux continents, les humains… restent humains.

Non ?

Alors pourquoi hiérarchiser les interactions en fonction de leur cadre spatial ?

Logistique mise à part, un client “virtuel” d’un site e-commerce ne mérite-t-il pas la même attention que le flâneur rentrant dans une boutique ayant pignon sur rue ?

Même chose pour vos candidats : et si, en considérant avec attention certaines candidatures qui sortent du scope défini, et en vous basant sur la simplicité des rapports humains sur les réseaux sociaux, il était possible de booster votre relation candidat, votre marque employeur et votre expérience de candidature ?

(Pour faire vite, oui, c’est possible)

Réseaux sociaux et relation candidat

Extra care

Lors de ma précédente phase de recherche d’emploi, j’avais pris l’habitude d’effectuer un acte bien singulier pour tenter d’obtenir une vraie introduction à la culture d’une entreprise : passer obligatoirement par les réseaux.

Car, en tant que candidat et être humain, les certifications ronflantes, les avis 5 étoiles -à peine- trompeurs et les déclarations de gens bienheureux qui lèvent leur pouce et cachent leurs traumatismes sous l’illusion d’un sourire Colgate, cela ne m’atteint pas des masses.

Les employés, les vrais, restent la source la plus fiable d’informations croustillantes sur la vie, et les imperfections, d’une société.

Ma démarche était simple : lancer simplement une discussion avec le community manager de l’entreprise visée, sur les réseaux sociaux donc, annonçant mon intention de postuler à une offre.

Dans ce cas de figure, la majorité éclatante des boîtes adopte une démarche purement informative et axée sur le résultat : traiter le plus grand nombre de requêtes dans une approche non-concernée, en un moins de temps possible. Un procédé qui a du sens économiquement parlant mais qui, en matière de marque employeur et de customer care, n’est pas forcément optimisé.

Pas sûr que l ‘effet “animal en batterie” que l’on fait avancer le plus vite possible vers la sortie, dans une volonté d’automatiser au maximum le process, soit particulièrement compatible avec les idées de bienveillance et d’humanisme portées par certaines marques.

9 fois sur 10 donc, ma requête se confrontait à une réponse rapide, quand mes tentatives de relances vers des sujets plus conversationnels se heurtaient irrémédiablement à une sorte d’incompréhension, liée de surprise. A l’image d’un robot que l’on questionnerait sur un concept auquel il n’a jamais été confronté.

Croyez-moi, vous n’avez pas envie de réagir comme cela lorsque vos candidats vous posent des questions

Ce n’est pas que les employés ont laissé leur humanisme au vestiaire, mais plutôt qu’ils ont été formés pour être aussi efficaces que possible. Une efficacité toute relative car cimentée dans des KPIs pas toujours appropriés, eux-mêmes imaginés selon une performance qui ne serait que quantifiable.

Comme si la discussion était une perte de temps, une perte d’argent, qu’il persistait quelque chose de plus pertinent à faire.

Sauf qu’à partir du moment où vous échangez avec un client, vous ÊTES dans la relation client. Peu importe le sujet, la forme, la date. Que vous échangiez sur une commande bloquée, un potentiel recrutement ou le boss de fin de Donkey Kong Country 3, cela n’a pas d’importance.

Il existe des dizaines de vidéos de Jeff Bezos expliquant son obsession maladive pour la relation et la satisfaction client, en voici une qui date de 1999. Bon après on aurait aimé que le bougre soit autant obsédé par ses employés que ses clients.

Le fait est : en me fermant la porte, tous ces CM ont mis un grand coup à la marque employeur de leur entreprise, sans le savoir.

L'exception qui confirme la règle

J’ai le souvenir d’une expérience particulière qui démontre assez parfaitement l’impact que peuvent avoir des réseaux sociaux bien gérés sur la relation candidat. Une rencontre virtuelle, mais pourtant bien plus humaine qu’un échange typique entre deux inconnus.

Plus que la personnalité du CM, c’était sa propension à ne pas fermer la discussion avec un élément de langage scripté (“ce sera tout ?” / “puis-je vous être encore utile ?” / “je reste à disposition” qui veulent souvent dire l’exact contraire de ce qu’ils annoncent), qui m’a le plus surpris.

Interrogé sur le processus de recrutement de l’entreprise, il n’est ni désarçonné, ni robotique en me renvoyant à l’offre ou au parcours de candidature standard. Au contraire, il me donne l’adresse mail directe de la personne chargée du recrutement, et me glisse quelques conseils : ce qui est perçu comme éliminatoire chez les candidats, mais aussi ce qui impressionne et fait la différence.

La discussion évoluant, ses descriptions sur l’atmosphère au travail, les plus de l’entreprise,  et ses rapports avec ses collègues me sont d’une aide précieuse. En fait, c’est cette attitude incroyable de ne jamais vraiment fermer la porte qui semblait si improbable. Une sorte d’immersion dans un monde parallèle où les Bisounours et les Teletubbies auraient mené un coup d’État global, pour inonder la planète de bons sentiments, de couleurs chatoyantes, et de chansons entraînantes sur l’entraide, l’empathie et le soutien émotionnel.

(Et non non, il n’y a pas un poil d’ironie pragmatique dans cette dernière phrase)

Il y a un parallèle à faire avec les réponses personnalisées, suite à une candidature refusée. Elles sont devenues si rares qu’elles surprennent, et suscitent presque l’admiration.

Vous n’avez rien à perdre à investir dans l’humain, doucement mais sûrement.

Il faut dire que, pendant plusieurs décennies, les pires habitudes ont été prises et les méthodes les plus obscures ont été validées, au point que les comportements normaux ont comme été chassés de la majorité des processus de recrutement.

Et si c’était ça, finalement, la solution au problème ? Simplement tout remettre en ordre ?

Alors, bien sûr, l’idée n’est pas de tailler la bavette avec tous les postulants qui débarquent dans votre inbox. Et sur les réseaux sociaux, personne ne vous reprochera de ne pas développer une monomanie Bezosesque sur la relation candidat. Mais… de l’autre côté, vous n’avez rien à perdre à investir dans l’humain, doucement mais sûrement.

Développer un contact moins automatisé avec votre audience, qui ne sont ni de la data, ni des likes ou des lignes dans un ATS. Prendre le temps est parfois l’expression la plus authentique de l’estime. Et vous estimez vos candidats.

…n’est-ce pas ?

Qui ne voudrait pas que le monde ressemble à ça ?

Réseaux sociaux X relation candidat : la cohabitation

Les réseaux sociaux représentent une porte d’entrée, toujours ouverte, vers l’image de votre entreprise et la relation candidat. Et quand l’hôte ou l’hôtesse d’accueil est grincheux ou indifférent, forcément, la première impression ne risque pas d’être positive.

Les candidats, surtout ceux issus des générations Y et Z, vont obligatoirement aller observer votre comportement, votre communication, votre identité sur les internets. Pas forcément avant de postuler, mais clairement à un moment X ou Y du processus de recrutement.

En ayant cette attitude, ouverte, disponible et surtout concernée, vous vous affranchissez des codes pour bénéficier d’une exposition qui vous élève au-dessus de vos concurrents. C’est votre attractivité, votre marque employeur et votre image globale qui s’en trouvent renforcées.

« I walk a higher path, son »

Les réseaux sociaux ont pour ambition de connecter les gens ensemble, ils sont une aide précieuse pour construire une forte relation candidat. Créer du lien est leur fonction première (ça et piquer vos données personnelles). Paradoxalement, en B2B, dans le recrutement, et dans toutes les industries à connotation “coincée”, il persiste cette indifférence. Celle de continuer à voir les plateformes de social media comme des canaux de communication externes. Des plateformes d’annonces plutôt que d’échanges.

Pourtant, il suffit qu’un unique CM fasse étalage de son zèle pour transformer l’image d’une entreprise. Et cela arrive plus souvent qu’on ne le pense, avec toujours – les – mêmes – résultats.

Comment, une bonne, ou une mauvaise expérience influence notre perception d’une structure dans sa globalité.

L’anecdote mentionnée plus haut a eu son impact. Elle a bouleversé ma vision de la société en question. D’un seul coup, je me sentais de la recommander, de m’investir davantage dans le processus de recrutement, et même de consommer / d’utiliser ses produits / services. Si si.

C’est un peu l’expression du hit & miss, ou comment, une bonne, ou une mauvaise expérience influence notre perception d’une structure dans sa globalité.

Ici, une simple discussion sans filtres a su totalement transformer une candidature indifférente en une totale implication.

Alors imaginez les résultats si les communicants, sur les réseaux sociaux, étaient formés à l’extra-care dans la relation candidat, plutôt qu’à l’extra-performance. C’est un positionnement peu coûteux, incroyablement bienveillant et qui peut générer un ROI monstre.

De quoi booster votre marque employeur vers les sommets de l’Olympe.   

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn
Partager sur email
Email
Partager sur print
Print